RUE DE L'ADELE
Du prénom de Madame Adèle GIRARD Epouse FOURNIER vendit le dernier lot sur le Puy d'Aubière pour la construction de nouvelles caves, à la fin XIXème siècle.
IMPASSE ALBERIA
Ancien nom d'Aubière (Alberia) du nom d'un lieu planté de peupliers.
RUE ROGER ASTIER
Né à Aubière le 17 avril 1921, il fut plombier-zingueur aux Etablissements Chambonnet à Clermont-Ferrand. Marié le 14 juin 1941 avec Blanche Eymard, de cette union naquit 2 garçons, André et Daniel. Embrigadé dans les chantiers de jeunesse, il entra dans la Résistance et fut assassiné par les Miliciens traîtres à la Patrie à la solde du gouvernement de Vichy le 22 mai 1944, avenue Léon Blum aux "Neufs Soleils."
RUE BACCHUS
En souvenir du passé viticole d'Aubière, Bacchus (Dionysos chez lez Grecs) est le dieu du vin, de la vigne, de la végétation, de la danse? ainsi que des plaisirs de la vie. Il est parfois nommé Liber parce que le dieu du vin délivre l'esprit de tout souci.
RUE HENRI BARBUSSE
" Si on nous enlevait tout ce qui nous fait mal, que resterait-il? " citation d'Henri Barbusse, né à Asnières le 17 mai 1873, décédé à Moscou le 30 août 1935, il connut un succès critique avec la publication de son deuxième roman "L'Enfer". Au début de la première guerre mondiale, il s'engage comme volontaire dans l'armée française. Convaincu de la vacuité du conflit, il écrit en 1916 "le Feu" grâce auquel il fut promu au prix Goncourt. Admirateur de la Révolution russe, il adhère en 1923 au parti communiste et séjourne en Russie. Il meurt à Moscou et est enterré au Père Lachaise à Paris.
IMPASSE DU BARRY ET DU PETIT BARRY
Pourrait, d'après la langue d'oc, provenir de mur d'enceinte, bord ou barrière de village.
RUE JEAN BART
Jean Bart est né à Dunkerque le 21 octobre 1650, il navigue pour la 1ère fois à 12 ans et 8 mois. Il obtient son 1er commandement sur "le Roi David" en 1675, devient capitaine de vaisseau en 1694 et obtint le brevet de chevalier de l'Ordre de Saint-Louis en 1695. Il fut anobli par Louis XIV en 1696. Il meurt le 27 avril 1702.
RUE BAYARD
Pierre de Terrail - Seigneur de Bayard Le chevalier sans peur et sans reprochené à Grenoble en 1475, homme de guerre, il sera présent sur de nombreux fronts sous le règne de Louis XII, Charles VIII et François 1er. Il sera tué le 30 avril 1524 à Romagnano en Lombardie.
RUE BEAUDONNAT
René Beaudonnat, ancien instituteur ayant exercé à Aubière, prisonnier de guerre et résistant, décédé le 18 juillet 1945 fut inhumé à sa demande au cimetière d'Aubière.
IMPASSE BEAUVERT
Antoine Joseph Comte de BARRUEL BEAUVERT (1756-1817) écrivain et polémiste. Essayiste royaliste, cousin de Rivarol.
Landriot Imprimeur, Beauvert et Rousset Libraires à Clermont-Ferrand, 1792
ALLEE BEL-AIR
Apparemment, le site étant au sommet de la côte, on peut dire qu'il y a du "bel air".
RUE DU BELAY
Les du Bellay, ces femmes surnommées les Inspiratrices (1372), terme inusité avant 1798, donnaient des idées à nos poètes, musiciens, artistes ou conteurs aux 18,19 et 20ème siècles. Cet adjectif "inspiratrice" est synonyme d'Egérie ou de Muse.
RUE BERANGER
Né le 19 août 1780 à Montorgueil, Pierre-Jean de BERANGER, célèbre chansonnier français a été élevé par son grand père avant d'être pensionnaire d'un institut rousseauiste de Péronne. Il assistera à la prise de la Bastille. A 14 ans, il entre en apprentissage chez un imprimeur qui lui enseignera l'amour de la langue et de la prosodie. Il publiera 4 recueils de ses chansons, sera élu député de Paris en 1848 et décèdera à Paris le 16 juillet 1857.
RUE BERGERE
Probablement un ancien passage (chemin du Chambon, rive droite de l'Artière), les femmes menaient leurs chèvres, leurs oies dans ces lieux humides où l'herbe et les orties étaient abondantes.
HECTOR BERLIOZ
Louis Hector Berlioz est né le 11 décembre 1803 à Côte-Saint-André, près de Grenoble. Son père était un médecin prospère, sa mère, pieuse catholique croyait que les théâtres et les salles de concert étaient des chemins qui menaient directement en enfer.
A 18 ans, ses parents l'envoient à Paris pour étudier la médecine, malgré leurs protestations, il s'inscrit en musique au Conservatoire de Paris.
Lesueur, son premier professeur qualifiera de "babyloniens" les effets gigantesques que produisait sa musique et fut le premier a lui trouver du génie.
Il aura comme idoles les génies du romantisme, tels que Beethoven, Shakespeare, Goethe, Hugo.
Il mourut à Paris le 8 mars 1869 à l'âge de 66 ans.
RUE PAUL BERT
Né à Auxerre en 1833 et décédé en 1886 au Tonkin, Paul Bert fut professeur à la Sorbonne, membre de l'Académie des sciences, il a été député républicain de l'instruction publique et des Cultes du gouvernement Gambetta et résident général au Tonkin et en Annam.
Il a été avec Jules Ferry le père fondateur de l'école gratuite, laïque et obligatoire.
Comme beaucoup de républicains de son époque, Paul Bert se présente comme héritier de la Révolution, tout en restant soucieux de garantir la stabilité sociale. Ainsi, il pense que « libérer » l'Ecole, c'est « achever [...] la plus belle des conquêtes de la Révolution française », c'est
l'aboutissement de toutes les institutions politiques et sociales introduites en 1789.
CHEMIN DE LA BEZOU
En langue d'Oc, du patois bezunha : besogne. Ce lieu dit est le plus escarpé, les pentes les plus raides d'Aubière, donc un endroit qui rendait le travail épuisant, soit un dur labeur, une dure besogne.
RUE DE LA BICHE
Rue allant jusqu'aux pentes de Gergovie, ce secteur devait être très giboyeux.
RUE DU BIEF
Le bief, situé entre la rue Voltaire et l'ancienne place de l'Ile (place Jean Jaurès), recevait les eaux qui actionnaient le moulin Lafayette, dit Moulin du Haut et alimentaient "les Fossés" d'Aubière, actuelle rue Nationale, ainsi que le lavoir et le moulin Jallat, situés rue des Moulins.
RUE GEORGES BIZET
Georges Bizet (1838-1875) dont le père était professeur de musique et la mère, pianiste de talent. A 9 ans, il interprétait de façon impeccable des sonatines de Mozart. Il reçut la légion d'honneur le matin même de la création de Carmen. Surmené par cette composition, les troubles cardiaques dont il souffrait s'aggravèrent, une tumeur dans la trachée artère provoqua une mort soudaine.
RUE DE LA BORDENEAU
Ce nom signifierait "en bord de nous", c'est-à dire à l'extrême limite du village, en bordure des zones d'habitation.
ALLEE DES BOULEAUX
Ce lieu devait être planté de bouleaux puisqu'il était près de l'Artière et sûrement assez marécageux.
LEON VICTOR AUGUSTE BOURGEOIS
Né le 21 mai 1851, mort le 29 septembre 1925.
- 1890 : Ministre de l'Intérieur
- 1893 : Ministre de la Justice
- 1890 à 1898 : Ministre de l'Instruction Publique
-Novembre 1895 à avril 1896 : Président du Conseil
- 1912 à 1917 : Ministre du Travail
- 1914 : Ministre d'Etat.
Il succéda à Paul Deschanel à la présidence de la Chambre des Députés, du 10 juin 1902 au 12 janvier 1904. Il devint sénateur de la Marne en 1905, puis président du Sénat, du 14 janvier 1920 au 16 février 1923.
Il joue un rôle important dans le vote de la loi sur les retraites ouvrières et paysannes en 1910.
Ministre des Affaires Etrangères, il représenta la France à la conférence d'Algésiras, préparant le protectorat français sur le Maroc.
Il fut le premier président de la Société des Nations en 1919 et reçut le prix nobel de la Paix en 1920. Il a contribué à la reconstitution des universités, à la réforme primaire et à l'organisation de l'enseignement post-scolaire. Il fit voter les lois sur le repos hebdomadaire, sur les assurances du travail...
ALLEE DES CAPUCINES
Est-ce par sympathie pour cette jolie fleur originaire d'Amérique du Sud, introduite en France à l'époque de Louis XIV, elle était alors appelée "cresson du Pérou"? Ou bien un endroit avec beaucoup de lapins "capucins".
RUE DU DR CASATI
Joseph CASATI est né le 30 mai 1876 à Sainte-Florine (Haute-Loire) et décédé le 14 avril 1938 à Domérat (Allier). Marié le 25 septembre 1904 à Evian avec Marie Louise de MONTGOLFIER, née le 14 juillet 1882 à Bourg-Argental (Loire) décédée le 1 janvier 1923 à Aubière. De leur union, naquit 4 enfants. Il fut médecin à Aubière. Il écrivit dans le bulletin paroissial de février/mars 1913 "aventures et prières d'un petit ruisseau", sous le pseudonyme de docteur KYSLAW.
RUE RENE CASSIN
René CASSIN né le 5 octobre 1887 à Bayonne (Pyrénées Atlantiques) mobilisé à la guerre de 1914, est grièvement blessé le 12 octobre 1914. Ce docteur es sciences juridiques, économiques et politiques reçoit la croix de guerre avec la palme et la médaille militaire.
Dès juin 1940, il rejoint le Général de Gaulle à Londres, puis en 1943 à Alger.
Son nom demeurera attaché à la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, votée à Paris, le 10 décembre 1948, par l'assemblée générale des Nations Unies, dont il fut avec Eleanor Roosevelt, le principal artisan.
Prix Nobel de la Paix en 1968, il décèdera le 20 février 1976 dans la capitale, son corps sera transféré au Panthéon en 1987.
Sous le mandat de Georges Digue, Monsieur Hugonin, président de l’association de l’Amicale des Indépendants, fut à l’origine de la proposition de ce nom de rue.
ALLEE CAVE A MADAME
Pierre André, seigneur et baron du lieu, avait fait reconstruire le château, complètement ruiné au début du XVIII ème siècle, en une immense maison bourgeoise, devenue Mairie. Ses descendants, la famille de Provenchères, vendirent ce bâtiment à la Commune d'Aubière en 1868 et s'installèrent dans une maison située à côté des granges, du cuvage et de la cave (la fameuse Cave à Madame) au milieu de leurs vignes.
Il est probable que le terme de Cave à Madame vient de ce que la seigneurie d'Aubière, trois fois au cours de son histoire, eut une héritière qui devint Dame d'Aubière et transmit la baronnie à ses descendants, par son mariage. Qui fut la " Dame d'Aubière " qui donna son nom à la " Cave à Madame ? Claude de Montmorin, Gilberte de Jarrie ou Gilberte de la Rochebriant ? On penche plutôt pour cette dernière qui eut une forte personnalité, puisqu'elle dut racheter une partie du fief d'Aubière au XVII ème siècle, terre préalablement vendue par ses frères et sœurs. Cette cave est devenue depuis le Musée de la Vigne et du Vin de Basse Auvergne.
RUE DES GRANDES CAVES
Rue menant sur le site des caves, « Grandes » de par le nombre avoisinant les 800. Dans les années 1930, elle conduisait jusqu’au réservoir qui alimentait, en eau potable, les bornes fontaines.
RUE DU CERF
A l’instar de la rue de la Biche, le gibier affamé, venait s’alimenter aux confins de la cité.
RUE PAUL CEZANNE
Naquit et mourut à Aix-en-Provence, (1839-1906).
Il grandit dans une famille aisée et contre la volonté de son père, entame des études de dessin. Il se rend à Paris en 1862, où il fait la rencontre des futurs peintres impressionnistes. Ses premières œuvres montrent un caractère passionné et tourmenté, qui se traduit par un style baroque qu’il nomme lui-même « couillard » et qui révèle une grande intensité, notamment dans les portraits.
Refusé à l’Ecole des Beaux-Arts, Cézanne apprend la peinture auprès de Pissarro et expose aux côtés des impressionnistes, mais personnage solitaire et sans concessions, il délaisse rapidement le groupe.
Au cours des années 1880, le peintre quitte peu à peu la vie artistique parisienne et se réfugie en Provence, où la lumière violente lui permet de mieux rendre la netteté des formes, qu’il dit traiter
« par le cylindre et la sphère ». La vision de Cézanne sera révélée au public un an après sa mort, au Salon d’Automne de 1907.
RUE EMMANUEL CHABRIER
Ambert, 18 janvier 1841 / Paris, 13 septembre 1894
Sous l’Ancien Régime, le quartier traversé par cette rue s’appelait quartier de la Treille. C’est ainsi que le premier nom de cette rue fut « rue de la Treille ». A partir de 1860-1870, on ouvre un nouveau cimetière à l’emplacement actuel. C’est depuis que la rue a pris le nom de « rue du Cimetière ».
[Nota : La rue des Voultes prend dès lors le nom de rue de la Treille : c’est celle que l’on connaît aujourd’hui].
Ex-rue du Cimetière qui fut changée de nom par Ernest Cristal et son conseil, en reconnaissance à deux passionnés de musique demeurant dans cette rue :
Antonin ROCHE AUBERT, dirigeant de l’Harmonie des Enfants d’Aubière et Suzanne MARADEIX, professeur de musique et titulaire du diplôme de la SACEM, depuis 1937.
Bien qu’ayant pratiqué le piano en amateur depuis son plus jeune âge et manifesté des dons remarquables pour la composition, il entreprend des études de droit à la demande de son père, qui le destinait à une carrière dans l’administration. Il entre donc, en 1862, au ministère de l’Intérieur, d’où il ne démissionnera que beaucoup plus tard, en 1880, pour se consacrer alors définitivement à la musique. Entre-temps cependant, il avait appris la composition et s’était lié avec Manet, Verlaine, Duparc…
Sa première œuvre importante, l’opéra bouffe « l’Etoile » (1877), est un petit chef-d’œuvre plein de bonne humeur et d’esprit (humour, sensibilité, ironie parfois teintée de mélancolie)…et qui font de lui le musicien français par excellence (bien qu’il ait lui-même cultivé toute sa vie une ardente passion pour Wagner). Un voyage en Espagne lui inspire le boléro España, en 1883.
Verlaine le disait « gai comme les pinsons et mélodieux comme les rossignols ».
RUE DU CHAMBON
Le terroir du Chambon s’étendait entre l’Artière au nord et les premières pentes du Puy d’Aubière au sud, jusqu’aux terroirs des Sauzettes et de Pré-Long à l’est (Auchan actuellement). « Chambon » signifie terre alluviale qui donne des prairies inondables ou des chènevières (champs de chanvre), donc des terres riches. Le chambon s’oppose aux varennes, terres de qualité inférieure, terroir (et rue) que l’on retrouve à l’est, au-delà de la RN9 sur la commune d’Aubière. La rue du Chambon s’étendait de la rue des Grandes Caves jusqu’à la RN9 avant que l’on baptise sa partie la plus à l’est, avenue Jean Moulin, il y a quelques décennies.
Rue où se situaient les meilleures terres d’Aubière.
ALLEE GRAND CHAMPVOISIN
Le « Champvoisin » était un immense terroir, propriété du seigneur d’Aubière, situé entre le chemin de la Cave à Madame (Avenue Jean Noëllet, aujourd’hui) à l’ouest et la rue Pasteur (anciennement, route de Clermont et chemin des Meuniers) à l’est. La famille de Provenchères, héritière du dernier seigneur d’Aubière, s’en sépara progressivement dès le dernier quart du 19ème siècle et au début du 20ème siècle.
Ce terroir fut le théâtre d’évènements et de festivités à partir de 1914 (1918 : baptême des canons des artilleurs américains stationnés à Aubière ; fêtes gymniques, notamment celles de 1929 ; un avion s’en servit même de piste d’atterrissage entre les deux guerres…).
RUE DU GRAND CHAMVOISIN
Se référer aux explications relatives à l’allée du Grand Champvoisin, parues dans le précédent numéro.
RUE DE CHANTURGUE
Cette rue porte le nom du vignoble le plus réputé d’Auvergne. L’on peut considérer cette appellation comme un hommage rendu aux vignerons aubiérois qui ont possédé ou travaillé des vignes sur ce terroir béni par Bacchus.
RUE CHARRAS
Fils d'un volontaire de 1792 qui parvint au rang de général de brigade, J-B Charras (1810-1865) fut élève à l'École Polytechnique. Ardent républicain, il joue un rôle actif lors de la révolution de 1830. Sous la Monarchie de juillet, il prend part aux campagnes d'Afrique sous les ordres de Bugeaud et de Lamoricière. Adjoint de Cavaignac au ministère de la guerre en 1848, il est élu député. Arrêté lors du coup d'État du 2 décembre 1851, il est exilé par le décret du 9 janvier 1852 et il séjourne successivement en Belgique, en Hollande, puis en Suisse, où il décède en 1865. Cette rue a été baptisée pendant la IIIème République, sous le mandat de Michel Roche-Chaduc, maire farouchement républicain et anti-bonapartiste notoire.
RUE DU CHATEAU
Cette rue longe l’arrière de la mairie actuelle. Ce bâtiment imposant, situé entre la rue Saint Loup et la rue Victor Hugo, constituait à la Révolution française la maison du seigneur d’Aubière construite par la « corvée » dans la seconde moitié du xiiième siècle, sur les restes du château seigneurial. Malgré son aspect de maison bourgeoise, les Aubiérois l’ont toujours appelée « le château », jusqu’au moment où cette rue prit le nom de rue du Château au cours du xixème siècle.
RUE CHAUTARD
En 1823, les frères Chautard, dont l’un était pharmacien, achètent à M. Guerrier de Romagnat un vaste domaine situé entre les rues actuelles de la Gaieté et du Thieu. Il sera loti dans la seconde moitié du xixème siècle. On baptisera dans la foulée cette rue en leur honneur.
RUE CLOVIS CHIRIN
Clovis Chirin naît à Saint-Eloy-les-Mines le 24 janvier 1903. Il se marie à Yvonne Charrier (1908-2007) et aura trois enfants. Ouvrier et militant communiste, il rentre dans la résistance dès la signature de l’armistice de juin 1940. Il est arrêté et interné au camp de La Courtine puis au fort Barreau jusqu’en novembre 1940. Dès lors, il poursuit son œuvre de résistance en Dordogne, sous le pseudonyme « Paul », puis dans la Loire (Saint-Étienne) où il travaille comme conducteur de travaux. Il organise l’« appareil technique » : Ronéo, machine à écrire, approvisionnement papier, courrier, transport des tracts, etc.
Le groupe est dénoncé aux Allemands, et Clovis Chirin est arrêté le 27 avril 1942. Il est emprisonné à Clermont-Ferrand. Chirin passe successivement deux fois devant le Tribunal Spécial de Clermont, les 25 juin et 13 août 1942, qui le condamne à 10 ans puis 15 ans de travaux forcés. Le 18 décembre 1942, il est emprisonné au Puy-en-Velay. Avec 26 autres codétenus, il s’évade dans la nuit du 24 au 25 avril 1943. Il sera repris deux jours plus tard.
Clovis Chirin s’évade une seconde fois de la prison du Puy-en-Velay, le 1er octobre 1943, avec 81 de ses camarades. Il rejoint le camp Gabriel Péri dans le Puy-de-Dôme, puis peu après, il est affecté en Ardèche comme commissaire aux effectifs. Le 6 juin 1944, Chirin, alors lieutenant « Dupuis », libère Annonay à la tête des F.F.I.
Le 19 juin, les Allemands attaquent en force et Chirin est fait prisonnier. Il sera fusillé à Beaumarchais, à 15 heures. Il est inhumé à Annonay, laissant une veuve et trois enfants, alors domiciliés à Aubière. Le 4 novembre 1944, son corps est exhumé pour aller reposer dans le cimetière d’Aubière.
Pionnier de la résistance dans la Loire, Clovis Chirin fut fait Chevalier de la Légion d’Honneur, le 7 novembre 1951, avec la citation suivante : « Pionnier infatigable de la résistance, organisateur parfait des groupements armés, chef plein d’entrain, d’abnégation et de volonté, très estimé de ses chefs et de ses subordonnés. Son esprit de persuasion a su donner en Ardèche, le caractère insurrectionnel indispensable à la Libération du pays. Encerclé et fait prisonnier le 19 juin 1944, lors de l’attaque ennemie sur Annonay, a été fusillé le jour même à Beaumarchais ».